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Colloque - « Comprendre le système CRISPR-Cas9, une technologie au service du transhumanisme ?

Le 15 novembre 2019, le Département paramédical de la Haute École Francisco Ferrer (HEFF) a organisé un colloque autour de la technologie CRISPR-Cas9, qui permet de modifier facilement le génome, et de ces implications éthiques. La matinée fut divisée en trois parties : d’abord une introduction à cette technique innovante, ensuite l’usage actuel du système CRISPR-Cas9 chez les plantes, les animaux et chez l’humain et enfin les enjeux moraux et déontologiques liés à son utilisation chez l’Homme. Le colloque s’est clôturé par une séance de questions/réponses et d’échanges entre le public et les orateurs.  

Le docteur Carine Giovannangeli, du laboratoire Structure et Instabilité des génomes (Museum d’Histoire Naturelle – CNRS – INSERM, Paris) a illustré cette nouvelle technologie. Le système CRISPR-Cas9 agit comme des ciseaux moléculaires qui permettent de couper, de manière efficace, n’importe quelle molécule d’ADN. Ce système peut donc inactiver n’importe quel gène d’intérêt, mais il permet également l’édition de l’ADN, c’est-à-dire une modification contrôlée de la séquence. En plus d’agir de manière très ciblée sur une partie précise du génome, ce système est facile d’utilisation et peu onéreux, ce qui en fait un outil biomoléculaire tout à fait révolutionnaire.  

 
Dans la seconde partie, Madame Julie Marchal, formatrice à l’ULB HeLSci, a présenté des applications de la technologie CRISPR-Cas9 dans les différents domaines du vivant. Par exemple, des bactéries ont été modifiées pour empêcher la dissémination de gènes de résistance aux antibiotiques. Chez les plantes, cette technologie permet de créer des biofuels peu chers et plus écologiques. Dans le domaine animal, de nombreuses recherches basées sur la technique CRISPR-Cas9 sont en cours visant notamment à produire des vaches à lait ne portant pas de corne pour éviter les blessures, à supprimer des populations de moustiques vecteurs de maladies ou encore à modifier le génome des cochons pour permettre la transplantation de leurs organes vers des êtres humains.
 

Enfin, Monsieur Dan Lecocq, Maître de conférences à l’École de Santé Publique de l’ULB, a abordé les problèmes éthiques engendrés par l’utilisation de cette technologie chez l’Homme. Le système CRIPSR-Cas9 est utilisé dans de nombreuses recherches médicales pour traiter des patients atteints de diverses maladies (cancer, Alzheimer, SIDA…). Mais certains scientifiques voudraient aller plus loin en créant des humains améliorés, résistants aux maladies et aptes à vivre plus longtemps. Ceci ouvrirait la porte au transhumanisme et à l’eugénisme. La réflexion éthique qu'a proposée Monsieur Lecocq suggère, dans la mesure du possible, de mettre une frontière stricte entre médecine curative et médecine d’amélioration. Faire prévaloir le principe de précaution en interdisant l’utilisation de cette technologie sur des embryons humains pour éviter d’un jour choisir ses enfants « à la carte » semble être la voie choisie par la communauté scientifique.    

Témoignages d’étudiants ayant participé au colloque 

  • « Vulgarisation des nouveautés scientifiques qui donnent envie de travailler dans ce domaine » 
  • « Sujet innovant, traité d’une manière progressive qui permet de comprendre une technologie que je ne connaissais pas »
  • « Sujet pertinent abordé avec beaucoup de clarté, découverte d’une technique biomoléculaire révolutionnaire, mais aussi des problèmes éthiques liés à cette méthode, ce qui rend le colloque plus intéressant »

**Paramédical ** - Comprendre le système CRISPR-Cas9, une technologie au service du transhumanisme ?

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