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UER (Unité d’Enseignement et de Recherche)
UER Mathématiques appliquées › La recherche appliquée › Le statut de la recherche appliquée
D’aucuns ont cru bon d’instituer un univers de compétition exacerbée dans lequel il devient inévitable de hiérarchiser toute entreprise et il appert aux experts théoriciens que la recherche pure se doit d’être considérée à un plus haut niveau que la recherche appliquée. Nous nous insurgeons depuis longtemps contre cette prétention injustifiable. La recherche appliquée exige une connaissance théorique approfondie que ne soupçonnent pas nécessairement les tenants de la recherche pure. Notre expérience en matière de formation continuée tant vis-à-vis de mathématiciens que d’économistes nous a souvent conduit à constater que la compréhension en profondeur des concepts faisait cruellement défaut et que le dépassement du simple formalisme par l’interprétation comprise et intégrée dans l’univers réel des équations utilisées était très loin d’être répandu.
Nous ne faisons pas ici le procès de la recherche pure. Le travail du chercheur en université, éloigné de toute préoccupation matérielle est indispensable à la progression de la science cognitive et nécessaire au développement de l’esprit humain. C’est une noble tâche. Mais il semble à certains que la recherche d’applications concrètes utilisant des résultats théoriques existants se range d’emblée à un niveau inférieur. C’est contre cette attitude que nous nous élevons avec obstination. La découverte d’applications nouvelles doit toujours être vue comme un enrichissement de la théorie, non comme une sous-activité méprisable.
Mais notre ressentiment englobe également les exigences volontairement réduites des utilisateurs de la « mathématique outil ». Ceux-là qui prêchent la disparition (ou à tout le moins la forte réduction) de l’emploi des mathématiques en économie et en gestion scient la branche sur laquelle repose la compétence de nos cadres futurs et, partant, hypothèquent lourdement notre avenir à tous. Le recours intelligent à l’outil mathématique implique sa compréhension en profondeur. Il est tout aussi absurde de ne proposer à nos futurs spécialistes de l’économie que des modèles formalisés exempts de toute application réelle, que de leur inculquer exclusivement des schémas de résolutions stéréotypés, n’exigeant pas de leur part une remise en question et un esprit critique permanents. L’enseignement de niveau universitaire n’a pas pour tâche de produire de purs intellectuels détachés de toutes contingences matérielles, mais il ne peut en aucun cas se contenter de diplômer des techniciens compétents prêts à se soumettre aux ordres des mandarins de l’industrie et de la finance. La spécificité de notre enseignement réside dans la mise en place d’êtres compétents, responsables, réfléchis et d’autant plus critiques justement qu’ils se savent responsables.


